5. La pédagogie

Plan de cette partie :

 

Introduction

5.1 Un accompagnement personnalisé

5.2 L’autonomie

5.3 La compréhension des erreurs selon Olivier Houdé

5.4 La réussite du difficile selon Aletha Solter

5.5 Les méthodes d’apprentissage selon Antoine de La Garanderie

5.6 Situations d’apprentissage, évaluation et séquences d'apprentissage selon Philippe Meirieu

5.7 L'apprentissage de la conceptualisation selon Britt-Mari Barth

 

 

Introduction

Celles et ceux qui souhaitent approfondir sur le plan théorique le thème de la pédagogie, trouveront dans cette partie des liens (“En savoir plus”) vers des écrits plus complexes, issus de lectures spécialisées faites par certains membres du Bizi Toki.

 

Il est souhaitable de mettre en place des situations d'apprentissage diversifiées pour essayer de créer les conditions, adaptées à chaque enfant, d'acquisition du savoir, afin qu'il devienne plus lucide par croissance de son intelligence et donc plus libre, et afin qu'il ait des instruments l'aidant à comprendre le monde.

 

La motivation est le point de départ et le point d’appui de l’enfant, elle est la clé de l’apprentissage; il s'agit d'essayer de rendre possible les buts qu’il se fixe.

Ainsi, pour l'apprentissage, il s’agit de toujours chercher le moyen d'intéresser l'enfant, en lui donnant notamment la possibilité de réaliser des activités qui ont un sens pour le présent, c'est à dire dont le but est en lien avec sa notion temporelle.

Mais pour intéresser l'enfant, l'adulte doit lui-même être intéressé et doit entretenir un rapport spontané avec le savoir: reconnaissance d'une ignorance, aveu d'un moment de tâtonnement...

 

5.1 Un accompagnement personnalisé

Chaque enfant apprend à sa manière, en partant de ses représentations, de ce qu'il sait, de ses besoins.

Il y a par exemple les personnes qui ont besoin de voir un triangle et les personnes qui ont besoin de l'exprimer en paroles pour le comprendre. Il y a également les personnes qui doivent, pour l'appréhender vraiment, le découper avec une paire de ciseaux; en effet, le passage par la manipulation représente aussi un des chemins possibles d'accession à l'abstraction.

Il s’agit donc de s’efforcer de proposer plusieurs présentations de l'objet d'apprentissage, car ce qui parle à certains enfants n'est pas forcément aussi efficace chez d'autres.

De plus, chaque enfant a son propre rythme d'apprentissage.

Il est alors essentiel de tenir compte des particularités de chacun, car l'influence éducative réelle est exercée par celui qui cherche d'abord à comprendre l'enfant et se propose de partir de ce qu'il est.

Il faut donc personnaliser le projet d'apprentissage pour l'enfant en adaptant autant que possible tout apprentissage à ses besoins, capacités et désirs. Idem pour les enfants présentant un handicap.

 

Il faut donc réaliser avec chaque enfant un plan d'activités personnel pour une journée, une semaine, un mois ou plus, avec pour chaque objectif le niveau atteint précédemment par l'enfant, les engagements pris en fonction de celui-ci et l'évaluation.

Il est souhaitable d’inciter un enfant à comparer son état d'avancement dans un apprentissage avec son propre état d'avancement antérieur, plutôt qu'avec celui de ses compagnons.

 

5.2 L’autonomie

Voici un certain nombre d'idées qui nous paraissent indispensables pour développer l'autonomie des enfants:

 

● Les enfants veulent spontanément apprendre si on ne leur a pas ôté le goût du savoir; ils ont une soif de connaissances qui les pousse vers des savoirs plus élaborés.

 

● L'environnement préparé doit permettre, autant que possible, de rendre l'enfant indépendant de l'adulte, c'est-à-dire lui permettre d'accéder à une activité autonome. Ainsi, proposer des espaces différenciés, chacun d'eux étant consacré à des activités concrètes, avec un éventail de matériel d'apprentissage le plus riche et varié possible, dans une disposition qui tient compte du sens esthétique (environnement agréable).

 

● Accompagner les libres acquisitions de l'enfant. Se faire les plus discrets possibles, le plus souvent n'intervenant auprès de l'enfant que si celui-ci le demande.

Le contrôle de l'erreur doit souvent se trouver dans le matériel didactique lui-même.

 

● Il est souhaitable que des meubles soient à la taille des enfants pour qu’ils puissent les déplacer, ce qui les habitue à agir eux-mêmes sur leur environnement en toute autonomie.

 

● La capacité des enfants à forger leur propre opinion doit être développée. L'enfant doit se sentir libre de penser, de sentir et de juger autrement que nous-mêmes. Dès le plus jeune âge nous devons aider l’enfant à développer son sens critique, en le soutenant à ne pas penser comme telle ou tel qu’il aime ou admire, mais selon son avis personnel.

 

● La contrainte étouffant souvent l'intérêt et donc la motivation, les enfants doivent choisir les activités qu’ils souhaitent réaliser parmi un grand nombre d'activités proposées. L'enfant, comme l’adulte, préfère écouter et faire ce qu'il a lui-même sollicité, ce qu'il veut. Dans le Bizi Toki, les enfants ne font pas tout ce qu’ils veulent, mais tout ce qu’ils font ils veulent le faire.

Il s’agit donc de rechercher la rencontre entre la volonté de l'enfant et celle de l'adulte.

 

Il faut autant que faire se peut donner la parole à l'enfant, en lui laissant individuellement et collectivement une initiative maximale. L'enfant est ainsi en situation d'auto-formation assistée.

 

Comme le fait remarquer Britt-Mari Barth, dans l'action dont il a l'initiative, l'enfant ou l'adolescent a une idée de ce qu'il veut obtenir; il a une intention au départ et pense réussir comme à l'habitude, le doute n'effleure même pas son esprit. Il choisit « l'information » nécessaire en fonction de son but. Il a un point de repère: le résultat attendu de son action. S'il se trompe il va le remarquer, puisqu'il a une attente en termes de résultat souhaité. Il explorera donc de multiples voies, recommencera sans relâche. La difficulté le stimulera plutôt qu'elle ne le découragera. S'il a besoin d'une information supplémentaire, il saura quelles questions poser. On ne lui impose pas une information qu'il ne peut saisir, il retient celle qui a un sens pour lui. Sa pensée est spontanée, liée à l'action et au but. Son objectif est clair pour lui et en général accessible, sinon il n'en aurait même pas conçu l'idée. Cet objectif repose sur des expériences antérieures, sur ce qu'il sait déjà.

 

● Laisser les enfants recommencer un grand nombre de fois le même exercice, car le secret du progrès dans l'apprentissage consiste aussi dans la répétition et parce que la répétition est source de plaisir.

 

● Tant qu’ils se respectent entre eux, laisser les enfants résoudre par eux-mêmes leurs problèmes. S'ils n'y arrivent pas, les aider.

 

● Quand les enfants posent des questions, il s'agit de les laisser d'abord explorer les réponses par eux-mêmes.

 

5.3 La compréhension des erreurs selon Olivier Houdé

Selon Olivier Houdé, on conclut parfois à tort que les enfants en échec dans une tâche sont nécessairement incompétents par rapport à la notion testée. En fait, ils peuvent posséder la notion, mais échouer pour bien d'autres raisons. Ces raisons, il s'agit pour nous de les comprendre, en découvrant la « logique de l'erreur ». (En savoir plus).

 

5.4 La réussite du difficile selon Aletha Solter

Selon Aletha Solter, chaque fois que l’on fait quelque chose à la place de l’enfant alors qu’il pourrait le faire ou apprendre à le faire par lui-même, on l’empêche d’éprouver ce sentiment d’accomplissement qui apparaît quand on est venu à bout d’une tâche difficile. On lui fait comprendre qu’il n’est pas compétent.

Un enfant qui est de plus en plus frustré quand il essaie de faire quelque chose, pleure parfois ou se met en colère. Les parents peuvent l’aider, non pas en faisant ce qu’il n’arrive pas à faire, mais en lui permettant de pleurer et en lui donnant de l’attention. Puis, quand il aura bien pleuré, qu’il sera plus calme, il sera peut-être tout à coup capable de faire ce qu’il n’arrivait pas à faire auparavant. Il a d’abord besoin d’exprimer sa frustration, car celle-ci engendre des tensions jusqu’à ce qu’on lui permette de s’en décharger.

Le fait qu’un enfant montre des signes de frustration indique qu’il est très motivé dans l’accomplissement de sa tâche.

Il peut cependant parfois être mauvais de ne pas aider l’enfant. S’il se décourage trop parce que la tâche est trop difficile, il risque d’abandonner complètement. En effet, c’est en permettant à l'individu de réussir qu'on peut le convaincre que c'est possible. Il faut donc organiser l'enseignement pour que chaque individu puisse réussir quelque chose. Quand le sentiment d'échec s'est installé dans l'esprit, il est difficile de modifier les attentes négatives que les individus ont d'eux-mêmes. Elles sont suffisantes pour bloquer l'apprentissage, en bloquant la disponibilité intellectuelle.

L’adulte qui connaît bien un enfant et perçoit ses appels sera probablement à même de savoir quand il a besoin d’aide et quand il n’en a pas besoin.

Enfin, on croit généralement encourager un enfant en lui disant « c'est facile » pour une activité qui lui est difficile. En réalité, on ne lui rend pas service. En cas de réussite, il peut avoir l'impression de ne pas avoir accompli grand-chose. En cas d'échec, il n'a pas été capable de faire une chose facile.

 

5.5 Les méthodes d’apprentissage selon Antoine de La Garanderie

Selon Antoine de La Garanderie, toutes les personnes ont des procédures mentales personnelles d’apprentissage. Ces habitudes mentales demeurent implicites tant qu’on ne leur en fait pas prendre conscience. Il est pédagogiquement nécessaire d’aider chaque personne à prendre conscience de ces habitudes méthodologiques, afin de les améliorer et/ou d’en acquérir de nouvelles. (En savoir plus).

 

5.6 Situations d’apprentissage, évaluation et séquences d'apprentissage selon Philippe Meirieu

Afin que l’apprentissage soit efficace, il est selon Philippe Meirieu nécessaire de mettre en place différentes situations et séquences d’apprentissage, ainsi que d’établir des évaluations. (En savoir plus).

 

5.7 L'apprentissage de la conceptualisation selon Britt-Mari Barth

Selon Britt-Mari Barth, pour construire et acquérir une connaissance nouvelle, c'est-à-dire un savoir ou un concept nouveau, au niveau de l'abstraction et de la généralisation, il faut déployer une démarche intellectuelle, autrement dit des opérations mentales. L'enfant a besoin de la médiation de quelqu'un de plus expérimenté pour l'aider à dégager cette méthode de pensée et pour lui montrer que cette méthode-là, il la « connaît » déjà pour l'avoir utilisée dans ses jeux. (En savoir plus).