Situations d’apprentissage, évaluation et séquences d'apprentissage selon Philippe Meirieu

 

● En plus des libres acquisitions de l'enfant, il est intéressant de mettre en place trois types de situations d'apprentissage, pour atteindre quatre niveaux d'objectifs:

 

a) La situation impositive collective, qui consiste à présenter à un groupe d'enfants des connaissances que chacun doit s'approprier.

 

b) La situation individualisée, qui impose de mettre en place un dialogue entre chaque enfant et un programme d'activité qui l'interroge, le guide et l'amène, à son rythme, vers l'objectif que l'on veut lui faire atteindre.

 

c) La situation interactive où les enfants réalisent des activités en groupe mais dont l'évaluation doit se faire sur les acquisitions individuelles; la participation de chaque membre doit être rendue nécessaire, soit par la rotation des tâches, soit parce que chacun ne dispose que d'une part de l'information dont le projet exige la synthèse.

 

Les niveaux d'objectifs successifs:

 

1. Objectif à dominante de repérage: il s'agit de capter l'attention des enfants. Cet objectif est plutôt atteint grâce à une situation impositive collective.

 

2. Objectif à dominante de maîtrise: par exemple d'un théorème. Il s'agit ici de construire le savoir. Cet objectif est plutôt atteint grâce à une situation interactive.

 

3. Objectif à dominante de transfert: il s'agit par exemple d'utiliser un théorème dans un problème plus général, de manipuler une connaissance dans d'autres domaines. Cet objectif est plutôt atteint grâce à une situation individualisée.

 

4. Objectif à dominante d'expression: il s'agit d'utiliser la capacité dans une situation quelconque.

 

 

● Avant d'engager un apprentissage, il faut établir une évaluation diagnostique, en inventoriant pour chaque enfant ses ressources et ses besoins. Par exemple, à un enfant qui a une bonne aptitude à la prise de parole (ressource) mais une culture littéraire déficiente (besoin), on peut proposer, en prenant en compte ses centres d'intérêts, de confectionner un exposé sur un roman. Ou à un enfant qui a des facilités d'imagination pour la construction d'un récit mais des difficultés orthographiques, on peut proposer de rédiger un journal.

 

Il faut ensuite établir une évaluation formative en cours d'apprentissage pour observer les points qui bloquent la progression, les situations qui handicapent l'enfant.

 

Enfin, il s'agit d'établir l'évaluation sommative, au terme de l'apprentissage, pour mesurer les acquis.

 

 

● Par ailleurs, il est souhaitable de faire évoluer certaines séquences d'apprentissages en quatre temps:

 

1) Temps de la découverte pour l'ensemble d'un groupe d'enfants: il s'agit d'éveiller l'intérêt sur l'objet de l'étude, de faire émerger le concept. L'enfant devrait parvenir à référer ce dont il s'agit à un savoir antérieur et à comprendre en quoi cela prolonge et dépasse ce qu'il sait déjà.

 

2) Temps d'intégration pour s'approprier le savoir, en proposant aux enfants des itinéraires différenciés qu'ils choisissent.

 

3) Temps d'évaluation: c'est la confrontation entre le chemin choisi et le but atteint qui est véritablement formatrice. On repère les déficits.

 

4) Temps de la remédiation: l'adulte met en place des remédiations différenciées. On peut par exemple organiser des groupes de besoins où les enfants sont répartis selon les besoins identifiés. Il est souhaitable de s'appuyer aussi sur les enfants dont l'évaluation aura été positive, en faisant appel au monitorat pour aider ceux qui ont besoin de remédiation.

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